Dans les artères de la cité capitale, les bruits incessants générés par l’activité humaine sont devenus une réalité quotidienne, et les habitants submergés par ce vacarme sont contraints de s’y adapter.
Chez soi ou dans un lieu public, chacun vit désormais contre son gré dans un environnement bruyant. Les nuisances sonores de nature différente ont pris possession des quartiers de la ville. En journée comme dans la soirée, c’est un vacarme incessant qui met à mal la population.
Un environnement urbain de plus en plus bruyant
En journée, c’est l’usage abusif des klaxons qui agace. Dans les espaces marchands, la population est en permanence assommée par les campagnes promotionnelles à la devanture d’un grand magasin, par les camionnettes publicitaires qui sillonnent les rues avec leur musique à fond, et les vendeurs ambulants qui utilisent des dictaphones ou des baffles pour promouvoir leurs produits, même dans les quartiers les plus reculés.
Les églises et prédicateurs : entre prières et perturbations sonores
Les églises de réveil et les nouvelles églises qui pullulent dans la ville sont également pointées du doigt pour leur contribution à la pollution sonore. Lucrèce Monique, une habitante du quartier Hahala, au lieu-dit Camp Tunisien, témoigne : « La voix tonitruante du pasteur en face de chez moi m’empêche de dormir paisiblement. Il organise des séances de prières tous les deux jours à partir de 18h00, qui se transforment en véritables séances de cris et de hurlements, au lieu d’être des moments de recueillement et de prière ». Et puis, il y a les prédicateurs ambulants qui s’installent aux carrefours et sur les places publiques, équipés de systèmes de sonorisation qui evangelisent à longueur de journée perturbent la tranquillité des passants.
Les discothèques et bars: une concurrence musicale nocturne
En soirée, c’est un autre décor qui se plante. Les discothèques, les bars et les boîtes de nuit qui se multiplient à une vitesse effrénée ne laissent pas indifférent. Toute la nuit jusqu’aux premières heures du matin, les DJ se livrent à une concurrence sonore « on est dans un quartier comme celui-ci il y a trois bars alignés l’un après l’autre. C’est chacun qui met sa forte musique sans même se soucier du voisin qui vit à côté. On est mal à l’aise mais on fait avec » s’indigne Flore, habitante du quartier Ngousso. Certains bruits provoqués à tort et à travers dans des circonstances inappropriées par le voisinage constituent également une véritable source de nuisances sonores. le Cameroun dispose d’un cadre juridique sanctionnant les nuisances sonores, principalement à travers la loi-cadre de 1996 sur l’environnement, le décret de 2011 fixant les valeurs limites (souvent 70 dB), et le Code pénal (article 261) qui punit les bruits tapageurs.
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Ange Daniela Matho
Une réalité quotidienne que vivent les populations des zones urbaines